COMPTE RENDU VOYAGE EN CROATIE

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Voici le compte-rendu de notre Voyage en Croatie du 24/09 au 01/10/2022
Merci à Alain Nouette du club de Mios pour ce reportage

Télécharger le compte-rendu complet ICI

Voyage au pays des Dalmates

Nous sommes près d’une cinquantaine à nous presser au bureau d’enregistrement de l’aéroport, où deux employés, un peu dépassés, vont nous délivrer, les billets vers la Dalmatie ! Mais au fait on devait partir en Croatie, c’est où la Dalmatie ?
Un peu de géographie et d’histoire s’impose pour comprendre notre destination.
Après la dislocation violente de l’ex Yougoslavie, la Croatie est devenue un pays indépendant, membre de l’union Européenne depuis 2013, et membre de l’OTAN depuis 2002.
Sa déclaration d’indépendance date du 25 Juin 1991, ce qui va entraîner la guerre avec la Serbie, guerre qui est encore dans tous les cœurs croates et sur les murs de nombreux bâtiments.
Sa capitale Zagred est située au Nord et la Croatie est une République, en Croate « Hrvatska », ce qui justifie le HR sur les plaques d’immatriculation !
Sa monnaie, en attendant l’euro le 01 janvier 2023, est le Kuna(KN), un euro vaut environ 7.54 kunas.

Nous allons visiter la Dalmatie, cette région se trouve le long de la mer et correspond à une des plus grandes régions de Croatie. De nombreuses spécialités culinaires sont issues de la Dalmatie.
De Dubrovnik, au sud à Split au nord de la Dalmatie nous allons voyager entre la Mer Adriatique et ses quelques 1000 Iles et Ilots, et les montagnes majestueuses, par la route « La magistrale » qui porte bien son nom.
Après un vol sans encombre, nous voilà à Dubrovnik où nous attendent notre premier guide Myriam et notre chauffeur Vido, virtuose au volant de son bus sur ces routes de montagnes.
Nous arrivons à notre hôtel à quelques kilomètres du centre ville de Dubrovnik, et première bonne surprise, le Club Dubrovnik Sunny Hôtel By Valamar (ouf !!) nous accueille avec un petit diner qui n’était pas prévu mais fort agréable.
Sa situation sur la presqu’île de Babin Kuk laisse présager de somptueuses photos.
Nous avons dans un dépliant, le détail du voyage prévu mais la météo, très incertaine oblige la guide à changer la destination du 1er jour et nous allons partir pour Korcula (prononcez Kortchula !).
Mais avant, après une nuit réparatrice, nous faisons honneur à un beau buffet de petit déjeuner, qui va nous régaler.
Petite halte sur la route pour visiter un petit musée, qui regroupe différentes amphores et matériel de vinification.
Puis le bus nous laisse ce dimanche matin à Orebic, dans la presqu’île de Peljesac, où un petit bateau va nous emmener dans l’Île de Korcula, se calant tout près d’immenses yachts et bateaux de croisières.
Il faut dire que la ville de Korcula est un véritable joyau qui reçoit beaucoup de touristes. Nous partons à travers les ruelles étroites, conseillés par Myriam qui nous montre la Tour Reveli, la Cathédrale Saint Marc et même la maison où serait né Marco Polo ! (ah bon je le croyais né à Venise celui-là !), bon Korcula a été occupée par les Vénitiens, ceci explique cela !!

Après notre premier déjeuner en Croatie, quartier libre dans la vieille ville, puis revenus sur la terre ferme, nous rentrons vers l’hôtel en regardant les paysages fantastiques qui bordent la route.
Déjà, nous avons tous pris nos marques pour profiter du beau buffet de l’hôtel, nous ne mourrons pas de faim.
Bilan de cette première journée en Dalmatie, c’est un très beau pays, les monuments sont grandioses, la langue est difficilement compréhensible et les noms des villages impossibles à prononcer, avec souvent plus de consonnes que de voyelles !
Demain grosse journée, avec la visite de Dubrovnik, classée patrimoine de l’Unesco.
Proclamée la perle de l’Adriatique, Dubrovnik mérite bien son nom, avec les empreintes de plus de mille années d’histoire et de civilisations. Protégée par de monumentales fortifications, Dubrovnik recèle de nombreux trésors architecturaux à chaque coin de rue, Monastères, Remparts, Palais du recteur etc…
Après une belle présentation par notre guide, nous pouvons nous promener sur le vieux port, sur les remparts, voir la colonne d’Orlando, et le plus beau Rolland d’Europe.
Nous sommes intrigués par de nombreuses boutiques garnies de livres, affiches et déguisements etc… à la gloire de Games of Throne, car Dubrovnik comme d’autres villes et sites ont été choisis pour le tournage de la série.
Seul ombre au tableau, le temps incertain nous empêcherait de monter par le téléphérique, car il ne fonctionne pas avec le vent mais le soir vers 17h le temps s’est amélioré et nous pouvons aller contempler la ville et la mer Adriatique depuis le Mount Srđ.

Repos bien mérité ce lundi soir car nous avons beaucoup marché et demain nous partons de bonne heure au Montenegro visiter la ville de Kotor.
Au point de départ, nous avons la surprise de changer de guide, Myriam étant indisponible, nous faisons connaissance de Soledad, petit bout de femme mais très haute en couleur, née en Suisse, passée par Marseille et l’Espagne , elle a suivi son mari croate et très vite nous allons apprendre à la connaitre avec sa gentillesse qui n’a d’égale que sa gouaille !!

Sur la route de Kotor, nous longeons la côte sur des dizaines de kilomètres autour des baies majestueuses qui se succèdent et nous arrivons à Perast petit village d’où nous embarquons pour l’Île de Notre -dame-des-roches, cette petite île artificielle, plantée au milieu de la baie, a été érigée au XV siècle suite à une légende.

Celle-ci rapporte l’histoire de deux frères pêcheurs. Le 22 juillet 1452, ils auraient découvert une icône de la Vierge avec le Christ sur la falaise. Ils l’ont ramené chez eux, mais le lendemain matin, ils étaient étonnés de voir que l’oeuvre avait disparu. Elle est réapparue sur le même rocher. Les frères l’ont prise une fois de plus. Le scénario s’est reproduit, l’objet s’est volatilisé, puis a été retrouvé sur la falaise, comme par magie. Les pêcheurs ont interprété cela comme le voeu de la Vierge de demeurer à cet endroit pour l’éternité. Ils se sont alors dit qu’ils allaient ériger une église consacrée à cette icône de la Vierge, devenue la Sainte patronne des marins et des pêcheurs. Lorsqu’ils ont construit l’île de Notre-Dame des Roches, les habitants de Perast ont amassé des pierres et des roches autour de la falaise. Au milieu, ils ont bâti une petite chapelle. Tous les 22 juillet, et ce depuis des siècles, ils célèbrent la fête traditionnelle de Fasinada au cours de laquelle les participants laissent tomber des pierres sur les bords. Avec le temps, la surface de l’île s’est alors agrandie. De nos jours, une église catholique trône au centre et la Fasinada continue d’être fêtée.

Nous reprenons le bus pour aller rejoindre notre destination.
Visite de la ville fortifiée de Kotor, entourée par des remparts de près de 20 m d’épaisseur et qui s’élèvent dans la montagne, nous empruntons des ruelles typiques et oh! Surprise ! des chats partout ! D’ailleurs il y a le musée des chats! Endormis sur le rebord des fenêtres, sur le pas des portes ils sont partout, discrets et heureux des nombreuses caresses qu’ils reçoivent.
Pour acheter des souvenirs pas de problème ici, puisque le Montenegro, candidat officiel à la CEE, a choisi l’euro comme monnaie au moment de son indépendance en 2006.
Les Palais Vénitiens, la cathédrale Saint Triphon, le musée des chats, les églises Saint-Nicolas et Saint-Luc, Kotor est vraiment une ville exceptionnelle qui valait le détour.
Sur le retour vers l’hôtel, le président et le guide nous annoncent qu’une surprise nous attend après le diner !!
En effet vers 20h30 le bus nous emmène au Lindo voir des danses et chants folkloriques !
Superbe soirée, où les jeunes danseurs et danseuses nous ont régalé dans des tableaux dynamiques, légers et rapides, accompagnés par des chants locaux.
Les thèmes de ces danses mélangent les influences diverses où ils nous semblent reconnaitre le grec, le hongrois et l’italien ! Vraiment une superbe idée que cette surprise !

Après une nuit de repos bien méritée et le temps de voir la copie d’un ancien bateau de pirates sortir de la baie de Dobrovnik, nous repartons en direction de Ston avec nos valises car ce soir nous coucherons à Drvenik.(à vos souhaits !!)
Située à l’entrée de la presqu’île de Peljesac, Ston est bien à l’abri dans une baie magnifique et la ville pour se protéger des invasions est entourée de la plus grande muraille d’Europe.
Longue de 5.5km, la muraille de Chine d’Europe était bien utile pour préserver le trésor de la région, le Sel.
En effet, à l’époque le sel provenant des salines de Ston était le seul moyen de conserver les aliments et attisait les convoitises. Ne dit-on pas qu’un kilo de sel valait un kilo d’or !!
La visite de la petite ville est des plus pittoresques, le centre médiéval et ses petites ruelles, le seul regret c’est de ne pas avoir gouter les fameuses Huitres de Ston.
Sur le retour, nous nous arrêtons à Narona visiter le musée archéologique.
L’ancienne cité romaine de Narona, dans village actuel de Vid (à 3km de Metkovic) possédait un très beau temple, l’Augusteum. Le musée contient entre autres quelques superbes statues, de la verrerie, de la mosaïque, et des pièces de monnaies.

Enfin nous faisons connaissance avec notre nouvel hôtel, le Bella Vista dans la région de Makarska et aussi notre nouvelle guide Miranda qui va rester jusqu’à la fin sans pour cela que Soledad nous quitte car elle nous accompagne jusqu’au retour.
Le Bella Vista est plus petit que l’autre hôtel, la petitesse de la salle à manger et le nombre de groupes vont nous poser quelques soucis pour se restaurer mais le personnel en petit nombre fait en sorte que tout se passe bien, il faut dire que nous sommes peut-être mal habitués en France !
Demain, déjà jeudi, nous allons tous en Bosnie Herzégovine, tous enfin presque, car deux personnes n’ont pas la carte d’identité valide à 100% et nous risquons les laisser à la frontière. Il faut dire que l’entrée en Bosnie est très compliquée, ne faisant pas partie de l’Europe, les douaniers Bosniens font beaucoup de zèle pour le passage à la frontière. On dit Bosniens pour les habitants et Bosniaques pour les musulmans.
Grace à Miranda, qui s’est entretenu au téléphone avec la cheffe des douaniers, tout le montre passe la frontière pour aller visiter la ville de Mostar.
A Mostar comme dans les paroles et le cœur de notre guide local, nous avons ressenti le grand malheur de cette guerre fratricide qui a eu lieu entre 1992 et 1995. Notre guide dont j’ai oublié le nom parle parfaitement le français, réfugié politique en Bretagne, il a été élevé et fait ses études en France et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a le courage de parler tout fort dans la rue sur la corruption en Bosnie !
D’ailleurs, le contraste est flagrant entre la Croatie, déjà reconstruite et embellie, et la Bosnie où l’on peut voir encore les stigmates de la guerre dans certains lieux publics. Il faut dire que le pays a beaucoup souffert de la guerre avec notamment les bombardements de Sarajevo la capitale et le massacre de Srebrenica, où plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques ont été assassinés par les Serbes, sous le commandement du général Ratko Mladić.

Mostar est une très jolie ville, traversée par le fleuve Neretva, dans lequel plonge, moyennant des euros, de jeunes gens du haut du vieux pont : le Stari Most.
Nous admirons la Cathédrale orthodoxe serbe de la Sainte trinité et sa tour vertigineuse, point de départ de notre périple vers la vieille ville entièrement pavée , ce qui n’est pas pratique pour tout le monde. La vieille ville ressemble un peu à un souk, avec ses étals et petites boutiques, empreints de l’influence Ottomane.
Nous allons aussi visiter une mosquée, car la ville de Mostar était une ville où le pluralisme religieux était la coutume et d’ailleurs 38% des couples avant la guerre étaient mixtes, ce qui a changé avec cette guerre, les communautés vivant plus à l’écart les unes des autres.

Nous entrons aussi dans la petite cour intérieure de la Maison Turque, véritable joyau de l’empire Ottoman, où notre guide nous explique les coutumes de l’époque.
Le retour vers la Croatie et notre hôtel se passe tout en douceur, grâce à la virtuosité de notre chauffeur, sur des routes de montagne, où les cyprés ornent les flancs des coteaux. Nous nous arrêtons pour gouter et acheter des produits locaux, liqueurs de mandarine, citron ou cerise, mais aussi quelques douceurs bonbons au miel ou écorce de mandarine au sucre.
Bien sur, il y a aussi comme partout en Croatie, l’huile d’olive et le vin croate, qui n’est pas si mauvais, même pour des bordelais chauvins.
Vendredi, avant dernier jour dans notre voyage et grosse excursion, puisque nous allons remonter vers le nord pour aller visiter Split et Trogir.
Pour y arriver sans passer par la Bosnie Herzégovine, car les passages à Neum, ville frontière sont souvent longs, nous empruntons le nouveau pont (ouvert en juillet 2022) qui permet d’éviter cette enclave de Bosnie pour rejoindre le Nord de la Croatie. Et oui la Bosnie Herzégovine qui n’avait pas d’accès à la mer Adriatique, a obtenu une enclave dans le territoire croate, d’une dizaine de kilomètres, depuis les croates ont construit un grand pont qui relie les deux côtés de la Croatie sans passer par la Bosnie.
Nous empruntons donc la Magistrale et laissons Split pour la ville de Trogir, la vieille ville a été construite sur une petite île. C’est un vrai petit dédale de ruelles pavées, aux murs blancs et aux volets verts, si typiques de la Dalmatie.
Monument le plus important de Trogir, la cathédrale Saint-Laurent a été construite entre le XIIe et le XVe siècle. D’influence vénitienne, Le portail principal par lequel on entre dans la cathédrale est magnifique. L’intérieur de l’édifice, sobre et étroit, est composée de 3 nefs. La cathédrale Saint-Laurent de Trogir mélange le style roman, surtout représenté à l’extérieur, et le gothique caractérisé par l’intérieur de la voute et le campanile. Sur la place principale, trône l’hôtel de ville et juste en face l’église Saint-Sébastien. Après une balade sur le vieux port nous regagnons Split et visiter Split en ½ journée est une gageure tant la ville regorge d’endroits admirables.
Mais ce qu’on ne peut pas éviter, c’est le Palais Dioclétien, un empereur romain du 3e-4e siècle. Le palais est si bien conservé qu’il constitue, en réalité, une bonne part de la ville historique de Split.
En clair, à partir du moment où vous marchez dans les rues piétonnes du vieux Split, à l’intérieur des portes, vous êtes à l’intérieur du palais. Plutôt impressionnant ! Miranda nous entraîne ensuite vers les souterrains du palais, il s’agit des anciens appartements impériaux, qui ont été remarquablement conservés jusqu’à notre époque pour une raison simple : les habitants qui se sont succédés entre ces murs y entreposaient leurs déchets, et les odeurs étaient tellement fortes que personne n’a jamais voulu s’en approcher jusqu’à très récemment !
Après une belle balade dans toute la ville, nous rentrons vers notre dernière nuit d’hôtel accompagnés par un coucher de soleil magnifique, qui s’éclipse doucement derrière les montagnes, dernier clin d’œil de la Dalmatie.

Voilà notre dernier matin en Croatie, dernier petit déjeuner, les valises étant prêtes dans le hall de l’hôtel, nous attendons mollement le dernier voyage pour l’aéroport. Il pleut ce qui rajoute à la mélancolie du départ.
Avec Vido et Miranda, nous empruntons les derniers lacets de montagne puis les plaines luxuriantes où l’on peut apercevoir les vignes, vergers et les grandes étendues de culture qui alimentent Dubrovnik, pour atteindre l’aéroport.

Le retour vers Bordeaux est calme dans l’avion, nous avons tous la tête remplie de souvenirs et d’anecdotes que chacun aura fixé à sa guise dans sa mémoire, de ce joli pays, de cette route Magistrale, serpentant entre mer et montagnes, de ce peuple épris de liberté, de démocratie et de ces monuments ayant subi toutes les influences d’un passé tumultueux au gré des invasions et guerres durant les siècles.

Alain Nouette.

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